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Impliquer l’employeur dans le Maintien en Emploi : leviers concrets et retours d’expérience

  • Photo du rédacteur: Équipe marketing
    Équipe marketing
  • 26 janv.
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 janv.

👉 Sommaire


Le Maintien en Emploi ne repose pas uniquement sur l’intervention du médecin du travail ou des équipes pluridisciplinaires. Il suppose une implication active de l’employeur, aux côtés du salarié et des Services de Prévention et de Santé au Travail (SPST).


Comment associer concrètement l’employeur aux démarches de Maintien en Emploi ? Quels leviers activer pour déployer des actions utiles, à la fois pour les salariés concernés et pour les entreprises adhérentes ?


Les échanges s’appuient sur les retours d’expérience du Dr Vanessa Trovatello, Médecin coordinateur et directrice de la cellule MEE d’Odalia, Philippe Rolland, Directeur du SIST Narbonne, Laetitia Lefas, Directrice des Ressources Humaines chez in’li, Alicia Gayout, Directrice produit MEE de padoa.


Maintien en Emploi : une responsabilité partagée


Le Dr Vanessa Trovatello rappelle un principe fondamental : le Maintien en Emploi est une responsabilité collective.


Il n’y a pas de Maintien en Emploi réussi sans l’implication du salarié, du Service de Santé au Travail et de l’employeur. Dr Vanessa Trovatello, médecin coordinateur et directrice du pôle MEE – Odalia

Cette approche dépasse la seule question du maintien dans l’emploi. Elle intègre le maintien en emploi, en ouvrant la voie à des aménagements de poste, des évolutions professionnelles ou des projets de reconversion.


Pour être efficace, cette responsabilité partagée repose sur une organisation structurée :

  • une préparation des situations en amont,

  • une articulation étroite entre cellules PDP, équipes pluridisciplinaires et médecins du travail,

  • et un cadre de dialogue clair avec l’employeur.


La question posée est toujours la même : un maintien dans l’emploi est-il possible ? Dr Vanessa Trovatello, médecin coordinateur et directrice du pôle MEE – Odalia

Rendre le salarié acteur de son projet avant d’impliquer l’employeur


Avant toute démarche auprès de l’entreprise, un travail approfondi est mené avec le salarié.

Lorsqu’il est orienté vers la cellule PDP, les équipes réalisent un diagnostic global intégrant l’état de santé, les contraintes de travail et le parcours professionnel. Sur cette base, un plan d’action est défini et mis en œuvre dans la durée, en lien étroit avec le médecin du travail.

Avant d’aller voir un employeur, il faut d’abord préparer le salarié, le rendre acteur, lui redonner confiance dans ses compétences et ses capacités. Dr Vanessa Trovatello, médecin coordinateur et directrice du pôle MEE – Odalia

Dans certaines situations, notamment lorsque le salarié est éloigné de l’emploi, une phase de remobilisation est nécessaire. Le service joue alors un rôle central pour recréer les conditions d’un retour progressif vers un projet professionnel adapté.


Entretiens individuels, ateliers collectifs et temps de partage d’expérience permettent de restaurer une dynamique et de valoriser les compétences existantes.


En devenant acteur de son projet, le salarié peut pleinement participer aux échanges à venir. Cette posture conditionne la qualité du dialogue avec l’employeur.


Impliquer l’employeur : instaurer un dialogue structuré et activer les bons leviers


Une fois la situation préparée, la rencontre avec l’employeur devient un levier central pour faire du Maintien en Emploi. L’objectif : remettre de la communication entre les parties prenantes.


Le rendez-vous de liaison : un cadre structuré pour dialoguer

Issu de la loi du 2 août 2021, le rendez-vous de liaison remet en lien salarié et employeur, dans un cadre sécurisé. Il permet d’engager un dialogue autour de la santé au travail, des capacités restantes et des possibilités d’adaptation.


La présence du salarié lors de ces échanges joue un rôle déterminant. Elle permet de faire émerger des éléments souvent méconnus de l’employeur, notamment sur le parcours antérieur, les compétences acquises et les talents mobilisables.

Le salarié est présent dans la négociation. C’est une négociation sur la santé au travail : il y a un état de santé, et il y a des solutions. Dr Vanessa Trovatello, médecin coordinateur et directrice du pôle MEE – Odalia

Le rôle du service consiste alors à rendre visibles ces compétences, à expliciter les marges de manœuvre possibles et à accompagner l’employeur et le salarié dans l’identification de solutions concrètes : aménagements de poste, repositionnements, évolutions professionnelles ou dispositifs de transition.


L’essai encadré : objectiver les possibilités de reprise
C’est un outil incroyable. Des personnes testent un nouveau métier et trouvent une voie compatible avec leur état de santé. Dr Vanessa Trovatello, médecin coordinateur et directrice du pôle MEE – Odalia

L’essai encadré est un outil clé. Il permet de tester un poste pendant l’arrêt de travail : reprise du poste initial, poste aménagé, reclassement interne ou test dans une autre entreprise.

Philippe Rolland souligne également un bénéfice complémentaire : l’essai encadré aide à mieux accepter une décision d’inaptitude lorsque le retour au poste s’avère irréaliste, en limitant les incompréhensions et les tensions.


Des résultats observables, y compris sur les situations de RPS


Les échanges apportent un éclairage concret sur l’accompagnement des situations de risques psychosociaux (RPS), souvent perçues comme complexes.


Sur trois ans, Odalia partage des résultats significatifs :

  • 200 à 250 dossiers RPS suivis (environ 20 % des signalements),

  • 125 dossiers RPS clôturés,

  • 1 inaptitude évitée sur 2,

  • parmi les situations évitées, 60 % de maintien dans l’entreprise.


Au-delà des RPS, les indicateurs globaux de la cellule PDP sur trois ans montrent :

  • 670 dossiers clôturés,

  • 46 % d’inaptitudes évitées sur des dossiers à risque avéré,

  • 50 % de maintien en emploi à la fin de l’accompagnement, dont 64 % dans l’entreprise.


Ces résultats illustrent l’impact d’un accompagnement inscrit dans la durée.


Le point de vue de l’employeur : attentes, contraintes et rôle du tiers de confiance


Du côté de l’entreprise, Laetitia Lefas propose un regard complémentaire.



Comment impliquer l’employeur ? Je poserais plutôt la question : comment impliquer la médecine du travail, nous, employeur ? Laetitia Lefas, Directrice des Ressources Humaines – in’li

Elle souligne une difficulté fréquemment rencontrée par les directions des ressources humaines face aux situations de santé des salariés, qu’elles concernent la santé mentale ou la santé physique. Les employeurs peuvent se sentir seuls et parfois démunis dans les échanges avec le collaborateur, entre respect de la confidentialité, attentes managériales et contraintes économiques.


La question du Maintien en Emploi se situe à l’intersection d’enjeux multiples : humains, juridiques, organisationnels et économiques.


Chaque acteur ne dispose que d’une vision partielle de la situation du collaborateur. Pour l’accompagner réellement, toutes les questions doivent pouvoir être posées : d.ans quelles conditions peut-il reprendre le travail ? Faut-il adapter son poste ? Existe-t-il un besoin de reconversion, en interne ou en externe ? Et cela dans le cadre d’un dialogue partagé.


Dans ce contexte, les SPST jouent un rôle central de tiers de confiance. Ils permettent de poser un cadre, de sécuriser les échanges et de confronter les visions de chacun afin de trouver une solution partagée.


Le Maintien en Emploi se joue dans le dialogue. L’employeur, le salarié et le service n’ont chacun qu’une vision partielle de la situation. Ces questions doivent être posées dans un dialogue partagé. Laetitia Lefas, Directrice des Ressources Humaines – in’li

Donner à l’employeur les moyens d’agir


Le rôle du Service de Prévention et de Santé au Travail est d’abord de se positionner dans une neutralité bienveillante. Ni du côté de l’employeur, ni du côté du salarié. L’enjeu n’est pas de prendre parti, mais d’aider les acteurs à avancer ensemble.


Dans ce cadre, le service joue un rôle de conseil. C’est par ce rôle de conseil que l’employeur peut mieux s’impliquer.


Il faut dire à l’employeur ce qu’il peut faire, parce qu’il ne le sait pas toujours. Dr Vanessa Trovatello, médecin coordinateur et directrice du pôle MEE – Odalia

De nombreux outils restent méconnus ou mal compris.

Le rôle du service consiste alors à :

  • expliquer les leviers mobilisables,

  • traduire les dispositifs dans un langage accessible,

  • et présenter les enjeux dans une logique de solutions partagées.

Parmi les outils cités figurent notamment l’essai encadré, les dispositifs d’aménagement de poste, les aides financières ou encore les dispositifs de transition professionnelle.


Actions collectives et individuelles : des effets mesurables

Les échanges ont également mis en lumière la complémentarité entre actions collectives et accompagnements individuels. Laeticia Lefas partage deux situations concrètes.

À l’échelle individuelle, les échanges ont montré comment des aménagements de poste ciblés, des équipements spécifiques et le recours à des aides externes peuvent sécuriser des parcours professionnels, y compris sur des postes physiquement exigeants.


Les accompagnements sont menés au cas par cas, toujours en lien avec le Service de Prévention et de Santé au Travail. Le travail avec l’ergonome est central. Des études de poste sont réalisées pour évaluer les capacités du salarié et identifier les adaptations possibles, avec un objectif clair : permettre la poursuite de l’activité.

Dans certaines situations, une reconnaissance de la lourdeur du handicap est également engagée, en lien avec le Service de Prévention et de Santé au Travail et Cap Emploi. Cela permet non seulement de financer des équipements, mais aussi de mettre en place des renforts humains. Des personnels peuvent intervenir en appui pour les tâches physiques, avec une prise en charge partielle de ces renforts.


Ces dispositifs permettent de sécuriser le Maintien en Emploi et d’accompagner les salariés jusqu’à leur départ à la retraite, dans des conditions compatibles avec leur état de santé.


À retenir


Ces retours d’expérience illustrent le rôle structurant des Services de Prévention et de Santé au Travail dans la construction de parcours de Maintien en Emploi durables et efficaces.


  • Le Maintien en Emploi repose sur une responsabilité partagée entre salarié, employeur et SPST.

  • Rendre le salarié acteur de son projet conditionne l’efficacité du dialogue avec l’employeur.

  • Des outils structurants existent : rendez-vous de liaison, essais encadrés, aménagements, transitions.

  • Les résultats montrent des impacts mesurables, y compris sur des situations complexes comme les RPS.


👉 Avec padoa, les SPST disposent d’outils pour structurer ces démarches, piloter les parcours et valoriser les actions menées en Maintien en Emploi.







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