Engager l’ensemble du service dans une démarche de Maintien en Emploi
- Équipe marketing

- 14 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Après avoir abordé l’organisation des cellules de Prévention de la Désinsertion Professionnelle (PDP), cette deuxième partie de la conférence s’est concentrée sur un enjeu clé : comment engager durablement l’ensemble du service dans une démarche de Maintien en Emploi ?
À travers les retours terrain de Philippe Rolland, directeur du SIST Narbonne, et du docteur Vanessa Trovatello, directrice et médecin coordinateur du pôle Maintien en Emploi d’Odalia, cette séquence met en lumière les leviers structurels, humains et organisationnels qui permettent de faire du Maintien en Emploi une démarche collective.
Des évolutions réglementaires structurantes sur plus de dix ans
Pour comprendre les pratiques actuelles, Philippe Rolland rappelle que l’engagement des services dans la Prévention de la Désinsertion Professionnelle s’inscrit dans un temps long, marqué par plusieurs réformes majeures.
2011–2012 : la naissance de la pluridisciplinarité
Cette loi a été fondamentale parce qu’elle a créé une équipe autour du médecin du travail et lui a permis de partager les situations pour donner plus de chances aux salariés en difficulté de trouver des solutions. Philippe Rolland, Directeur, SIST Narbonne
Elle marque une rupture avec un fonctionnement historiquement centré sur le binôme médecin–secrétariat médical et ouvre la voie à un travail collectif autour des situations complexes.
Cette évolution permet progressivement aux médecins du travail de partager l’analyse des situations, afin de multiplier les chances de trouver des solutions adaptées pour les salariés concernés.
2016 : la transformation du suivi de l’état de santé
Cette réforme permet aux médecins du travail de se recentrer sur leur cœur d’expertise : les situations où l’état de santé interagit avec le travail.
Les IDEST jouent alors un rôle central dans la traçabilité des expositions, des risques et de l’évolution de l’état de santé tout au long de la carrière des salariés.
Quand le médecin du travail a confiance dans la qualité du dossier médical, il peut s’appuyer sur l’historique et se concentrer pleinement sur l’analyse de la situation, avec une vision globale de l’évolution du salarié. Philippe Rolland, Directeur, SIST Narbonne
2021 : la PDP comme mission structurante des services
Elle impose notamment
la mise en place de cellules PDP dans tous les services,
une coopération renforcée avec les partenaires institutionnels (CPAM, CARSAT, Cap emploi, médecins conseils),
et une approche collective de la prévention des ruptures de parcours professionnels.
Pour Philippe Rolland, cette réforme élargit l’angle d’action des services et rappelle un principe fondateur : la santé ne doit pas être altérée par le travail.
Elle crée aussi un cadre plus favorable au dialogue inter-institutionnel, longtemps resté limité.
Du cadre réglementaire aux pratiques terrain
Comment mobiliser l’ensemble des équipes ?
Le rôle central des infirmiers dans la détection et la traçabilité
Les infirmiers en santé au travail jouent un rôle clé dans l’identification des situations à risque.
En suivant majoritairement des salariés en bonne santé, les IDEST :
observent l’évolution des expositions et des capacités dans le temps,
identifient les signaux faibles,
et alimentent un historique précieux pour le médecin du travail.
L’infirmier voit les salariés tout au long de leur carrière. Il saisit l’état de santé, le poste, les risques, les expositions. Cette traçabilité est fondamentale. Philippe Rolland, Directeur, SIST Narbonne
Lorsque la situation nécessite une intervention médicale, le médecin s’appuie sur cette traçabilité pour analyser la problématique dans sa globalité.
Cette traçabilité suppose également des outils capables de structurer les informations dans le temps, afin de sécuriser la continuité du suivi.
Cellules PDP : accompagner les salariés… et les équipes
Au-delà de l’accompagnement des situations individuelles, le docteur Vanessa Trovatello insiste sur un rôle souvent moins visible des cellules PDP : la montée en compétence des équipes.
Les cellules jouent un rôle de :
relais d’information vers les équipes de terrain,
diffusion des bonnes pratiques,
et lien opérationnel avec les partenaires externes, notamment la CPAM.
Cet appui est d’autant plus important que la mise en place des cellules PDP reste hétérogène selon les services.
Si certains disposent de moyens et d’une maturité avancée, d’autres rencontrent encore des difficultés d’appropriation, tant au niveau des équipes que de la gouvernance.
Mettre en place des cellules au sein des services, ce n’est pas toujours simple. Cela demande du temps, de l’acharnement parfois, et surtout que les directions et les conseils d’administration en comprennent l’intérêt. Une fois que c’est acquis, les effets sur le terrain sont très concrets. Dr Vanessa Trovatello, Médecin coordinateur et directrice du pôle MEE, Odalia
Des résultats mesurables sur le terrain
L’organisation progressive du Maintien en Emploi au sein des services produit des effets observables.
Chez Odalia, le docteur Vanessa Trovatello rappelle qu’avec une équipe de 48 médecins, plus de 3 200 orientations vers la cellule ont été réalisées en trois ans.
Au SIST Narbonne, Philippe Rolland souligne une évolution marquante également : une baisse de 20 % des inaptitudes sur trois ans.
La baisse des inaptitudes n’a jamais été un objectif en soi. C’est un résultat constaté. En trois ans, nous observons une diminution de 20 %. Ce niveau ne relève ni du hasard ni de l’exception : il traduit un impact réel et mesurable des actions mises en place. Philippe Rolland, Directeur, SIST Narbonne
Des résultats significatifs, qui illustrent l’impact :
d’une détection plus précoce,
d’un suivi structuré,
et d’une coordination renforcée entre acteurs internes et partenaires externes.
La pluridisciplinarité, la traçabilité des parcours, le rôle central des infirmiers, la structuration des cellules PDP et l’engagement des directions constituent les leviers d’une démarche de Maintien en Emploi structurée et opérationnelle.
Les résultats observés, notamment la baisse des inaptitudes, illustrent l’impact concret de ces leviers : le Maintien en Emploi s’inscrit alors comme un facteur de performance durable pour les services, au bénéfice des salariés accompagnés.


